Les droits et devoirs, premiers et inaliénables, d'éduquer leurs enfants reviennent aux parents. Ils doivent donc jouir d'une liberté véritable dans le choix de l'école. Les pouvoirs publics, dont le rôle est de protéger et de détendre les libertés des citoyens, doivent veiller à la justice distributive en répartissant l'aide des fonds publics de telle sorte que les parents puissent jouir d'une authentique liberté dans le choix de l'école de leurs enfants selon leur conscience. Les parents, parce qu'ils ont donné la vie à leurs enfants, ont la très grave obligation de les élever et, à ce titre, doivent être reconnus comme les premiers et principaux éducateurs. Le rôle éducatif des parents est d'une telle importance que, en cas de défaillance de leur part, il peut difficilement être suppléé. C'est aux parents, en effet, de créer une atmosphère familiale, animée par l'amour et le respect envers Dieu et les hommes, telle qu'elle favorise l'éducation totale, personnelle et sociale, de leurs enfants. La famille est donc la première école des vertus sociales nécessaires à toute société.
C'est encore le rôle de l'état de veiller à ce que tous les citoyens parviennent à participer véritablement à la culture et soient préparés comme il se doit à l'exercice des devoirs et des droits du citoyen. L'État doit donc garantir le droit des enfants à une éducation scolaire adéquate, veiller à la capacité des maîtres, au niveau des études, ainsi qu'à la santé des élèves, et d'une façon générale développer l'ensemble du système scolaire sans perdre de vue le principe de subsidiarité, donc, en excluant n'importe quel monopole scolaire. Tout monopole de ce genre est, en effet, opposé aux droits innés de la personne humaine, au progrès et à la diffusion de la culture elle-même, à la concorde entre les citoyens, enfin au pluralisme qui est aujourd'hui la règle dans un grand nombre de sociétés. La tentation est forte aux gouvernants d'imposer de façon généralisée un plan d'éducation nationale qui peut porter atteinte au respect de ce principe de subsidiarité. Or, il ne faudrait pas porter un blâme général sur l'État sans considérer le rôle unique de la Famille dans la vie scolaire.
La tâche de dispenser l'éducation qui revient en premier lieu à la famille, requiert l'aide de toute la société. Outre les droits des parents et ceux des éducateurs à qui ils confient une partie de leur tâche, des responsabilités et des droits précis reviennent à la société civile en tant qu'il appartient d'organiser ce qui est nécessaire au bien commun temporel. Elle a, entre autres tâches, à promouvoir l'éducation de la jeunesse de multiples manières. Elle garantit les devoirs et les droits des parents et des autres personnes qui jouent un rôle dans l'éducation; elle leur fournit son aide dans ce but. Selon le principe de subsidiarité, en cas de défaillance des parents ou à défaut d'intiatives d'autres groupements, c'est à la société civile, compte tenu des désirs des parents, d'assurer l'éducation. En outre, dans la mesure où le bien commun le demande, elle fonde ses écoles et institutions éducatives propres.
En ce sens, il nous faut encourager les initiatives de regroupements de familles et individus dans des projets pédagogiques visant à contribuer à cet épanouissement de l'être humain dans son intégralité, en reconnaissant l'importance de la préservation du caractère propre de la famille comme institution sociale fondamentale et de la communauté civile comme terreau de l'exercice de la vie collective dans le respect des droits universels, en premier lieu le droit à la vie de la conception à la fin naturelle. Le projet éducatif, l'École, ne peut édulcorer l'éducation morale et religieuse sans laquelle une juste compréhension de l'Éthique des droits humains ne peut être atteinte. En effet, l'exercice de la citoyenneté dans la vie publique, le le travail et l'engagement social repose sur un ensemble de lois et repères moraux qui puisent à une philosophie de la personne. Il est du devoir des parents d'être attentifs à l'enseignement moral dispensé à leurs enfants et d'intervenir dans le milieu éducatif de façon active et intéressée. Il est du devoir des institutions éducatives civiles, dans le cas où la volonté des parents est peu exprimée, de s'assurer d'un dialogue sincère avec eux dans l'éducation de leurs enfants.
Comme vous le savez, le Québec prend un tournant important en ce qui concerne l'Éducation nationale, où plutôt l'éducation qui relève des programmes ministériels (ce qui n'est pas forcément correspondant, la nation et l'État n'étant pas une seule et même substance...). En effet, le ministère de l'Éducation nationale souhaite valoriser une éducation plus vive de la citoyenneté, ce qui est louable. De plus, les modifications apportées au cadre juridique en ce qui concerne l'éducation morale et religieuse dans l'école publique, peuvent donner la couleur de la vision de l'État en ce qui concerne l'Éducation populaire. L'option choisie est celle du Laicisme comme philosophie, où l'Éthique de la vie civile est présentée dans une vision pluraliste, tolérante, ouverte, pour reprendre les mots à la mode du jour. Dans ce contexte, les familles chrétiennes ne peuvent plus compter sur la collaboration de l'École publique pour l'Éducation morale et religieuse de leurs enfants dans le respect de la foi et de la tradition de l'Église. Cela est un fait qui découle des modifications à la loi sur l'éducation qui prendra effet en 2008. Ils ne peuvent plus car le ministère de l'Éducation, qui gère l'École publique au Québec, refuse de reconnaître le droit des parents à l'option préférentielle dans la délivrance de l'enseignement moral et religieux à l'École. Le regroupement des écoles privées pourra continuer d'aménager raisonnablement son horaire pédagogique de façon à délivrer un enseignement moral à la lumière d'un enseignement religieux catholique /ou protestant..., en plus du nouveau programme généralisé d'Éthique et «culture religieuse», sorte de nouvelle panacée du pluralisme tolérant et relativiste (ce commentaire spontané est un peu rude).
Au plaisir de discuter à partir de ce texte sur un volet ou autre de la philosophie de l'éducation et le contexte du Québec.
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vendredi 25 mai 2007
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